L'île Maurice, perle de l'océan Indien, est bien plus qu'un simple paradis tropical aux plages idylliques. Elle a une histoire riche et complexe et a au fil des siècles forgé une identité unique.
Carrefour de civilisations et d’influences, l’île a été marquée par des vagues successives de colonisation et d’immigration, des premiers explorateurs arabes aux colons européens.
La douloureuse période de l’esclavage, cicatrice de l’histoire mauricienne, a elle aussi contribué à la diversité ethnique du pays, avec l’arrivée de populations africaines et malgaches, puis plus tard des travailleurs indiens et chinois.
Cette mosaïque de cultures a donné naissance à une société unique à l’identité plurielle, où cohabitent harmonieusement différentes religions, langues et traditions.
À travers les siècles et en quelques dates, revenons sur les moments forts de l'histoire de l’île Maurice.
À l’occasion de la Fête de l’Indépendance de l’île Maurice, acquise en 1968 et fêtée le 12 mars, (re)découvrons ensemble les dates clés qui ont façonné son histoire.
À travers les siècles, découvrez les dates clés qui ont marqué l’histoire de l’île Maurice
Période précoloniale : avant le XVIème siècle
Les marins arabes découvrent probablement l’île Maurice et l’archipel des Mascareignes dès le Moyen Âge, à une date inconnue.
L’île Maurice est alors citée sous le nom arabe de "Dina Arobi" (île abandonnée) et l'île Rodrigues sous le nom de "Dina Mozare" (île de l'Est).
Cette période reste entourée de mystère, avec peu de documents écrits.
Période portugaise : XVIème siècle
Signé en 1494 entre la couronne d’Espagne et le Portugal, le traité de Tordesillas laisse le champ libre aux portugais pour l’exploitation des terres et des ressources de la région.
Dès 1500, ils entreprennent, par la force, la prise des comptoirs commerciaux arabes de la côte africaine de l’océan Indien. Entre 1500 et 1513, les navigateurs portugais ont donc été les premiers Européens à mettre le pied sur l'île Maurice. Ils la nommèrent "Ilha do Cerne".
La date exacte et le nom du découvreur divergent selon les historiens :
- Diogo Dias en 1500 ou 1505
- Domingo Fernandez en 1511
- Pedro de Mascarenhas en 1513
Les Portugais ne s’installèrent cependant pas durablement sur l’île, qui restera inhabitée jusqu’à l’arrivée des colons néerlandais.
Période hollandaise : 1598 à 1710
À la fin du XVIème siècle, les marins de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales commencent à sillonner l’océan Indien. Ils seront les premiers à s’intéresser réellement aux ressources naturelles de Maurice et à sa position stratégique sur la route des Indes.
En 1598, une escadre néerlandaise, sous le commandement de l'amiral Wybrand Van Warwyck, débarque à Grand-Port. Ils baptisent l'île "Mauritius", en l'honneur du prince Maurice de Nassau.
En 1638, un gouverneur et une vingtaine de familles vivent sur l’île, accompagnés des premiers esclaves venant du continent africain et de Madagascar et dont les descendants constituent aujourd’hui une partie de la population créole.
Les colons développent les premières cultures de la canne à sucre, l’exploitation des ressources naturelles de l’île et introduisent de nouvelles espèces animales : chiens, chats, cerfs, chèvres, etc.
La chasse intensive et l’introduction d’espèces prédatrices bouleversent l’équilibre de la faune locale et précipitent la disparition d’espèces endémiques comme le célèbre dodo.
La déforestation systématique épuise les ressources, notamment le bois d’ébène et les plantations seront détruites par des cyclones tropicaux récurrents.
En 1710, les Hollandais abandonnent volontairement l’île Maurice.
Aujourd’hui encore, la faune et la flore mauriciennes portent toujours les stigmates de cette période de destruction de l’environnement naturel.
Période française : 1715 à 1810
En septembre 1715, la France envoie un navire de guerre à Maurice afin d’en prendre possession au nom du roi Louis XIV. Dès lors, l’île sera renommée "Isle de France". La France dispose ainsi d’une base arrière afin de sécuriser les transports commerciaux avec les Indes.
Mais c'est l’année 1721 qui marque le début de la véritable colonisation française par la Compagnie française des Indes orientales, qui prend possession de l’île et favorise l’arrivée de milliers d’esclaves en provenance de Madagascar et d’Afrique orientale.
De ce contact naît progressivement une nouvelle langue : "le parler créole".
En 1735, l’arrivée d’un nouveau gouverneur, le comte Mahé de La Bourdonnais, annonce le début d’une période de suprématie française dans l’océan Indien.
Il fait ériger des fortifications et des routes, fonde le port de Port-Louis et y installe son quartier général.
En quelques années, l’Isle de France devient une colonie rentable. La Bourdonnais développe l’exploitation des forêts et du café. De grandes exploitations sucrières, aux demeures de style colonial, commencent à se développer.
En 1767, l’Isle de France atteint les 20 000 habitants, dont 15 000 esclaves. Au bord de la ruine après la défaite militaire française face aux Anglais en 1763, la Compagnie des Indes rétrocède les Mascareignes au roi de France.
La même année, Pierre Poivre est nommé intendant de l’île. Il fait des Mascareignes une colonie prospère et organisée, enviée par les Anglais. Botaniste, c’est à lui que Maurice doit son célèbre jardin Pamplemousses, l’un des plus beaux jardins botaniques du monde.
À la fin du XVIIIe siècle, l'Isle de France devient une base navale stratégique pendant les conflits entre la France et la Grande-Bretagne. De plus en plus convoité par les Anglais, l’archipel des Mascareignes nuit en effet considérablement au commerce britannique dans l’océan Indien.
La Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen adoptée en 1789 et l’abolition de l’esclavage en 1794, ne s’appliqueront pas à l’Isle de France, par intérêt économique.
Période britannique : 1810 à 1968
Fin 1810, 10 000 soldats anglais débarquent à Cap Malheureux au nord de Maurice. Malgré la victoire française à la bataille de Grand-Port quelques mois plus tôt, l’île tombe rapidement sous contrôle britannique.
Le traité de Paris (1814) officialise la cession de l’île Maurice à l’Angleterre, tandis que la Réunion reste française. Les colons peuvent conserver leurs religions, lois et coutumes ; la langue française et le créole restent parlés, et le Code napoléonien demeure en vigueur.
En 1832, l’anglais devient obligatoire dans les communications officielles.
L’abolition de l’esclavage est proclamée en 1835, alors que la population dépasse les 100 000 habitants, dont 80 000 anciens esclaves.
Entre 1835 et 1865, plus de 200 000 immigrants indiens et chinois arrivent comme "travailleurs engagés", transformant la démographie et la culture de l’île.
De 200 000 habitants en 1860, Maurice compte environ 500 000 en 1910, dont une majorité de descendants indiens. Le développement économique reste cependant inégal et les conditions de vie sont difficiles.
Entre 1866 et 1868, des épidémies font au moins 50 000 victimes. La fin du XIXe siècle est marquée par un déclin économique, la pauvreté et des tensions sociales croissantes.
À partir des années 1930, les mouvements en faveur de la démocratisation émergent, annonçant les premières aspirations à l’indépendance.
En 1958, le suffrage universel est introduit, et le Royaume‑Uni reconnaît l’inévitabilité de l’indépendance de ses colonies.
Dans les années 1960, la vie politique et économique se stabilise. Le Parti travailliste mauricien remporte la majorité en 1967, préparant l’île à l’indépendance.
En janvier 1968, des émeutes à Port-Louis causent la mort de 25 personnes, quelques mois avant que Maurice ne devienne indépendante.
1968 : de l’indépendance de Maurice à aujourd’hui
Le 12 mars 1968, l’indépendance est proclamée et l’île Maurice adopte une nouvelle constitution. En tant que nouveau royaume du Commonwealth, la reine Élisabeth II reste chef d'État en tant que reine de Maurice, et Sir Seewoosagur Ramgoolam devient le Premier ministre de l’île Maurice indépendante.
En 1971, le parti d'opposition Mauritian Militant Movement (MMM), fondé en 1969 et dirigé par Paul Bérenger, appelle à une série de grèves portuaires. L’état d’urgence est mis en place dans le pays, les libertés civiles et la liberté de la presse sont restreintes par le gouvernement de coalition du Parti travailliste et du PMSD (Parti Mauricien Social-Démocrate).
Le 16 décembre 1975, le droit de vote est étendu aux jeunes de 18 ans, à la suite de la révolte étudiante de mai 1975.
En juin 1982, le MMM remporte 63 % des suffrages et l’ensemble des sièges à l’assemblée. Un gouvernement de coalition MMM-PSM est élu. La lutte de pouvoir entre Paul Bérenger et le nouveau Premier ministre Anerood Jugnauth s’intensifie, jusqu’en 1983 où, pour empêcher un éventuel coup d’état à Maurice, le Premier ministre indien Indira Ghandi ira jusqu’à planifier une intervention armée impliquant la marine et l'armée indiennes. Neuf mois après son élection, le gouvernement MMM-PSM se sépare, et Anerood Jugnauth sera réélu Premier ministre suite à la victoire de la nouvelle coalition MSM-Travail-PMSD aux élections d'août 1983.
De 1982 à 1995, l'île Maurice vit une profonde évolution de libéralisation économique, avec un taux de croissance proche de 7 % entre 1984 et 1988. Les secteurs du tourisme et de la grande distribution de développent rapidement, au détriment de l’industrie sucrière, qui perd son emprise sur l’économie du pays.
Le 12 mars 1992, le parlement mauricien abolit la monarchie avec une grande majorité des voix. L’île Maurice devient une république dotée d’un régime présidentiel, mais reste membre du Commonwealth.
Le 30 juin 1992, Cassam Uteem devient Président de la République de Maurice. Il démissionnera de ses fonctions en 2002.
En 1995, Navin Ramgoolam, le fils de Sir Seewoosagur Ramgoolam, considéré comme le « père de la nation mauricienne », est élu Premier ministre.
Le 21 février 1999, la mort dans un commissariat du chanteur mauricien de seggae Kaya provoque des émeutes à Port-Louis.
Le 5 juin 2015, Ameenah Gurib-Fakim devient la première femme Présidente de la République mauricienne de plein exercice.
En 2024 : Dharam Gokhool est élu Président de la République, et Navin Ramgoolam nommé Premier ministre, après ses deux précédents mandats (1995 - 2000 et 2005 - 2014).
Découvrez l'histoire mauricienne en séjournant à l'île Maurice
Le Domaine d’Anbalaba est idéalement situé dans le sud-ouest de l’île :
À deux pas de la montagne du Morne Brabant, haut lieu d’histoire et de mémoire et à quelques kilomètres du Grand Bassin (Ganga Talao), site de pèlerinage pour les Mauriciens de confession hindoue.
À proximité de temples et de demeures historiques de l’époque coloniale.
Anbalaba est le point de départ parfait pour explorer les sites historiques et culturels incontournables.
Notre équipe se charge de créer un itinéraire sur mesure et de gérer vos réservations pour vous permettre de profiter pleinement de votre séjour découverte.